03/11/2009 OU l'ON RELANCE LE CANAL SAÔNE-RHIN - DNA - 21/4/2009
Une étude présente comme opportune la réalisation d'un canal entre la Saône et le Rhin . Les élus alsaciens entendent ainsi concurrencer le projet Saône-Moselle, qui a pris de l'avance.
De cette étude présentée hier à Colmar, il ressort que la liason fluviale, environ 210 km entre la Saône et Niffer vise à relier les bassins fluviaux d'Europe du Nord et de l'Est ( Rhin-Main-Danube ) avec celui de la Méditerranée via la Saône et le Rhône .
Un faisceau d'intérêts convergents pour la réalisation de ce canal
Ce maillon manquant offrirait aux régions traversées ( Alsace, Franche-Comté, Bourgogne ) un accès à l'ensemble de l'Europe fluviale, permettrait aux ports de Méditerranée d'agrandir leur hinterland ( la zone économique terrestre desservie par le port ) et aux pays irrigués d'accèder à la Méditerranée et au Maghreb.
Bref, un faisceau d'intérêts convergents pour la réalisation de ce canal qui devra avoir le gabarit Vb permettant le pasage de navires ou convois ayant jusqu'à 185 m de long. Deux couloirs ont été authentifiés. Le premier emprunterait la vallée du Doubs, tandis que le second passerait plus au nord , à partir de la trouée de Belfort pour rejoindre la vallée de la Saône.
L'étude de marché et les modélisations amènent les porteurs du projet à un potentiel de trafic compris entre 11 et 21 millions de tonnes à l'horizon 2025. C'est plus que ce que les précèdentes études avaient voulu voir et cela intègre un volume de conteneurs maritimes.
Selon l'étude, " la filière bois ( dont une partie de la production franc-comtoise est inexploitée pour des raisons logistiques d'accès ou d'expédition ), la chimie et l'automobile sont, aux côtés des utilisateurs classiques de la voie d'eau que sont les céréales et les matériaux, les principaux générateurs de flux régionaux intéressés par la liaison".
L'impact de la liaison, en terme d'emplois créés ou conservés grâce à l'infrastructure a été évalué à plus de 70000 à l'horizon 2030, répartis à peu près par tiers dans les trois régions traversées.
" Cette étude démontre qu'au niveau des tonnages transportés, nous sommes loin au-dessus de ceux du projet Saône-Moselle, car c'est bien de cela qu'il s'agit" a tenu à préciser Charles Buttner, le président du Conseil Général du Haut-Rhin,à l'origine de l'étude avec le sénateur Grignon.
" Il faut pouvoir disposer d'élèments fiables pour comparer les deux projets "
Le projet de liason Saône-Moselle figure en effet au Grenelle de l'environnement et pas le projet Rhin-Rhône . " Si nous sommes placés devant l'idée d'une laison Mer du Nord - Méditerranée , et si il y a deux alternativs , il faut pouvoir disposer d'éléments fiables pour comparer les deux projets entre eux , pour dire lequel est le plus efficace" ajoute Charles BUttner qui plaide pour l'équité de la part des pouvoirs publics . C'est pourquoi l'élu demande désormis que les études techniques soient désormais programmées , comme ce fut pour Saône-Moselle.
Olivier Claudon
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